Tache et tâche : cela m’amuse toujours de lire des descriptions de taches. Le petit chapeau de l’accent circonflexe, en haut à droite du clavier, s’avère indispensable pour éviter l’insolation du ridicule. Si votre petit doigt refuse obstinément le grand écart de ce côté du clavier, ce n’est pas une raison pour virer à l’anglais « job description ».
Tacler : verbe transitif, faire un tacle à quelqu’un, de l’anglais tackle, au football = déposséder un adversaire du ballon, en faisant sans doute quelque chose de spectaculaire ou de sportif. C’est peut-être une variante de saisir la balle au bond … Utilisation journalistique. Attention, ce n’est pas parce qu’on fait du foot qu’on peut « tacler un problème ». Là, il y a abus de langage, méconnaissance de l’anglais, confusion des sens et des sons. On tacle quelqu’un, soit, mais on s’attaque à un problème.
Tant chez lui que chez moi : ne pas oublier la répétition de la préposition après le deuxième terme de la comparaison introduit par que.
Tant qu’à faire que de l’inviter : correct mais tant qu’à l’inviter est plus simple et plus joli.
Task force : groupe de travail.
Team : c’est curieux comme le mot anglais au milieu d’une phrase en français semble en dire plus … L’utilisation de l’anglais semble charger le mot d’un sens plus dynamique, plus intense, plus professionnel. C’est un vieux truc. À une certaine époque, les philosophes français truffaient leurs textes de mots allemands longs comme des trains de marchandise. Mais team n’est pas un mot savant. Sa traduction ne pose aucun problème, au contraire de leadership ou gouvernance, par exemple, qui sont forgés sur l'anglais et qui ont toute leur place dans le vocabulaire parce qu'ils n'ont pas d'équivalents français. Il n'y a pas de honte à les employer. Mais on évite la pédanterie de remplacer un mot simple et courant par un mot anglais, juste pour faire compliqué. On effacera donc « team » et on utilisera « équipe » comme tout le monde.
Technique : qui appartient à un domaine spécialisé de l’activité ou de la connaissance. Dit moins ou autre chose que technologique. La plupart du temps, technique suffit.
Technologie : qui appartient à l’étude des techniques. Les progrès technologiques sont des avancées dans les connaissances et l’étude des méthodes, des outils, des matériaux. Le terme technologie est parfois abusivement utilisé pour désigner les techniques de pointe.
En termes de : termes toujours au pluriel.
Trade-off : Le terme anglais est utilisé en français informatique, d’où il a vraisemblablement gagné le management et le politique. À moins qu’il ne soit directement importé de la théorie économique. Lu dans l’intitulé d’une conférence : « Croissance et inégalités en Europe : trade-off ou win-win ? ». Le trade-off consiste à comparer et à choisir entre deux choses, deux objectifs, deux propositions … L’opération implique un calcul d’intérêt et un renoncement. On dit arbitrage. En français, la conférence aurait pu s’appeler «croissance et redistribution en Europe : arbitrage ou jeu gagnant-gagnant ?».
Traduction : cinq astuces pour bien faire traduire vos textes.
1. Vérifiez que la langue maternelle de votre traducteur est bien la langue dans laquelle vous avez commandé la traduction. Les bons traducteurs dans deux ou trois langues cibles se comptent sur les doigts de la main, comme les joueurs de tennis ambidextres.
2. Un bon traducteur est toujours spécialisé dans un, voire deux domaines. Si vous passez par une agence, vérifiez qu’ils ont des pôles de compétences bien définis. Si vous traitez avec un traducteur particulier, vérifiez qu’il connaît bien le domaine dont parle le texte que vous lui demandez de traduire, par exemple en lui demandant de quoi parlait le dernier texte qu’il a traduit.
3. Demandez à votre traducteur d’établir un lexique. C’est un gage de travail sérieux. Passez ce lexique en revue (même si vous ne connaissez pas une des deux langues, la source ou la cible, vous pourrez vérifier et éventuellement améliorer la terminologie dans la langue que vous maîtrisez).
4. Attendez-vous à des questions en cours de travail. Un bon traducteur en pose toujours. Le plus il vous fait travailler, le mieux votre traduction se portera.
5. Un bon traducteur travaille toujours en au moins deux temps : il vous envoie un premier jet, sur lequel il vous pose généralement des questions ; ensuite, il vous propose une deuxième version relue et corrigée. Si le traducteur vous suggère de faire relire son travail par une tierce personne, c’est qu’il s’agit vraiment d’un pro. Le service est généralement fourni par les agences. Testez-la sur ce point. Les bonnes agences ont des correcteurs spécialisés et bien rémunérés. C’est d’ailleurs un des seuls avantages de l’agence par rapport au traducteur-maison.
Transparence : péjoratif en parlant d’une personne (cela signifie qu’elle passe inaperçue, qu’elle manque de consistance, etc.). Le mot anglais se traduira pour décrire quelqu’un par intègre, loyal, direct, etc. Le terme transparence s’est imposé en parlant de procédures, de réseau, de communication. J’aime pour ma part les mots clarté, évidence, limpidité, qui ne charrient pas les opacités philosophiques et surtout politiques de la transparence. Évidemment, un texte n’est jamais transparent (sauf s’il est écrit à l’encre invisible, me fait judicieusement remarquer un enfant). La langue de bois aime beaucoup dénoncer le manque de transparence, chez l’autre, bien entendu.
L’exigence de transparence est très à la mode dans le monde politique. Gare à la contagion dans l’entreprise. Il est impossible de tout dire. L’opacité du langage est une donnée. Le langage a toujours une ombre, que l’idéologie de la transparence voudrait faire passer pour de la fausseté ou de l’hypocrisie, ou du calcul, ou de la malveillance. Un monde entièrement transparent serait un monde où rien ne se passerait, un monde figé, un monde mort.
Transversal : aujourd’hui, un projet qui se respecte est forcément « transversal », dans un monde global (où la concurrence est de plus en plus rude, le changement de plus en plus rapide, etc.). La transversalité est la capacité ou la propriété de concerner plusieurs fonctions ou plusieurs départements dans une organisation structurée à la papa.
Ultérieur : se dit d’un fait situé dans l’avenir par rapport au présent ou au passé. Le plan de communication prévoit une réunion de tous les salariés, qui sera fixée ultérieurement. "Postérieur" se dit d’un fait du passé situé après d’autres faits du passé.
Usé : qui est hors d’usage.
Usagé : qui est toujours utilisable, même s’il a beaucoup servi.
La traduction de l'anglais "tackle a problem" est bien "s'attaquer à", "faire face à", "aborder", "empoigner", etc. On peut très bien par ailleurs "soulever un problème" (puis le laisser en plan). Cela n'a pas tout à fait le même sens.
Rédigé par: Thérèse | 03 mai 2009 à 09:11
Plutôt que de "s'attaquer" à un problème, quand on "tackle a problem", on "soulève" un problème, non ?
Rédigé par: Bob | 02 mai 2009 à 21:19