Maître d’œuvre – maître d’ouvrage : le ou la maître d’œuvre, c’est la personne physique ou morale qui dirige un chantier, dans la construction (et au figuré dans la recherche), pour le compte d’un maître d’ouvrage avec qui le marché a été conclu et les travaux ont été définis.
Managing director : se traduit par membre du conseil d’administration (attention, Outre-Manche, ce titre recouvre un rôle plus opérationnel qu’en France).
Managing officer : selon le contexte, se traduit en français par cadre dirigeant, ou directeur général (bien que le titre de Chief Executive Officer soit plus courant).
Maintenance : les puristes préfèrent parler de service d’entretien, mais perdent ainsi le sens d’après-vente que ce terme importé de l’anglais. La maintenance est plus proche de l’après-vente que l’entretien.
Majuscule : ne pas se laisser contaminer par l’anglais en mettant des majuscules partout. Cela fait plouc et puis ce n’est pas la majuscule qui ennoblit le titre, la fonction, le qualificatif... Voir d’ailleurs les règles plus bas pour monsieur et madame. Voir également l’entrée président-directeur général et sigles.
Maximale,-ale, aux : adjectif, qui est au plus haut degré.
Maximum : nom masculin ; ne pas utiliser maximum comme adjectif. Nous avons fait le maximum. Nous avons atteint notre rentabilité maximale. Minimum et minimal suivent la même distinction.
Médire : en parlant de quelqu’un ou d’une institution, dire du mal qui est vrai ou que l’on présume vrai. Calomnier : dire du mal qui est faux ou que l’on sait faux. À ce propos, j’ai été étonnée d’entendre un prêtre catholique romain commenter cette distinction. Assez âgé puisqu’il a fait son séminaire juste après la Seconde Guerre mondiale, il m’a affirmé qu’on lui avait enseigné, et même en insistant beaucoup sur ce point, que la médisance est bien plus grave que la calomnie. Mentir en racontant que votre collègue joue au solitaire ou se masturbe devant son écran, c'est moins grave que révéler qu'il couche avec la comptable, justement parce que c’est vrai. L’un et l’autre ne regarde personne, mais la vérité rajoute une couche d’indignité à la malveillance. À méditer.
Merci : au masculin, formule de remerciement ou de politesse. Au féminin, le mot signifie pitié, grâce, danger. Parfois j’imagine ce que serait un monde où les genres seraient confondus. … C’était la petite minute de cauchemar sémantique.
Merci de ou merci pour ? Cela dépend de ce qui suit. S’il s’agit de quelque chose de concret, on utilise pour : merci pour le chocolat. Mais s’il s’agit d’une action ou de quelque chose d’abstrait, on utilise le de : merci de votre attention, merci d’avoir patienté. Merci pour votre lettre ou de votre lettre (nuance : dans le deuxième merci, on salue le contenu ou l'intention de la missive). Merci du compliment est subtilement ironique.
Mésaventure : voir avatar.
Méthode : ensemble de moyens raisonnés suivis pour arriver à un but (démontrer la vérité, accomplir une tâche, etc.). Plus spécialement, et souvent au pluriel, procédé technique ou scientifique comme les méthodes thérapeutiques, méthodes d’expérimentation, méthodes de vente, etc.
Méthodologie : étude des méthodes scientifiques et techniques. On utilise abusivement le terme à la place de méthode et même de technique, en voulant parler de manière de procéder.
Milieu : le milieu est toujours ambiant. Inutile donc de le préciser.
Modérateur : pour l’anecdote, je suis tombée par hasard sur ce mot bien français, certes, mais dont l’utilisation vient très certainement de l’anglais pour désigner celui qui anime un forum sur Internet et une table ronde dans les petits déjeuners marketing et les conférences de presse. Et bien ce titre qualifie dans l’Eglise presbytérienne le responsable d’une assemblée ou d’un synode.
Monétariser, monétarisation : voir les entrées suivantes.
Monétisation : on entend parler de la "monétisation des RTT". En français, cela veut dire le paiement par l'entreprise des heures que le salarié, sous le régime de la réduction de temps de travail à 35 heures par semaine, est censé récupérer en prenant du temps libre. L'entreprise lui "rachète" ces heures au tarif horaire, lorsque cela l'arrange bien entendu, et que le salarié accepte cet arrangement.
Monétiser : voir monnayer deux entrées plus loin.
Mondial : et tous les termes qui en sont dérivés sont de vieilles expressions employées couramment depuis le conflit de 1914 - 1918. Aujourd’hui, mondialiser et globaliser s’emploient indifféremment. Durant les guerres européennes qui ont déchiré les XVIIe et XVIIIe siècles, on parlait de guerres universelles car toutes les puissances connues du moment y étaient mêlées. Aujourd’hui, la concurrence n’est « que » mondiale. Pffuit. Le terme mondial (ou mondialisé, ou global) semble évincer l’adjectif multinational, qu’on ne rencontre presque plus. En politique comme en économie, le terme qualifie tout simplement une activité ou une entité qui concernent plusieurs pays (force d’intervention multinationale, entreprise multinationale). Mondialisé ou global ont l’air d’en dire plus, mais on ne sait pas précisément quoi.
Monnayer : signifie transformer en monnaie (monnayer un lingot), ou convertir en argent liquide (monnayer un bien) ou encore se faire payer (un bien tangible ou intangible) : monnayer ses services, ses talents. Entendu à la radio un pauvre dirigeant emberlifocoté dans un hypothétique « monétiser » ( ?) et tiré d’affaire par un journaliste sardonique: « dites monnayer, ce sera plus simple ». Le lendemain, sur la même radio, une responsable politique, qui s'est corrigée toute seule. Je me suis demandé d’où pouvait bien venir ce monétiser. En tous cas, pas de l’anglais. Il est vrai qu’on ne prête qu’aux riches… En fait, cela vient de démonétiser, qui signifie retirer une monnaie de la circulation et par métaphore, discréditer quelque chose ou quelqu'un. L'emploi de monétiser, qui signifie "changer (du métal) en monnaie" en langage économique, semble remplacer monnayer, s'il faut en croire Google. Cela me rappelle un cours d’économie il y a très longtemps, sur la loi de la « mauvaise monnaie qui chasse la bonne ». Entre deux termes, on choisit toujours le plus moche.
J’ai entendu également « monétariser », barbarisme sans excuse, sinon l’ignorance du mot monnayer.
Montrer : voir démontrer.
Monsieur, madame : utiliser l’abréviation le plus souvent possible. Monsieur le Directeur ou Chère Madame (en toutes lettres et avec majuscule à Monsieur et à Madame) s’utilisent quand on s’adresse au monsieur ou à la dame en question, dans une lettre ou dans la transcription d’un discours direct. Sinon, dans le corp du texte, on écrira M. le directeur (noter l'absence de majuscule à directeur), M. François Ponge, MM. Martin et Delane, ou Mme Simon, etc.
Noter les abréviations correctes : M. et jamais « Mr » ou « Mr. » ; Mme et pas « MMe ». Le titre de mademoiselle (Mlle) existe encore pour désigner une femme non mariée, mais est de moins en moins employé dans le monde professionnel. Messieurs s"abrègent en MM., mesdames en Mmes.
Dans les présentations power point, ou dans les rapports, faut-il faire précéder de M. ou Mme tous les patronymes ? C'est une question assez délicate, et même épineuse, car la civilité n'est pas toujours là on l'attend. Le M. ou Mme de courtoisie doit être manié avec prudence. Certains se vexent de voir leur nom précédé du titre parce qu'ils y sentent une allusion à leur âge... Dans certaines listes, les hommes ont leur prénom, les dames leur nom précédé de Mme, et elles y voient le commencement d'une forme subtile de discrimination... Le plus simple (et par là le plus élégant) est de mettre le prénom puis le patronyme (JAMAIS le prénom après le nom, cela fait fiche de police), éventuellement suivi (et pas précédé !) du titre ou de la fonction. La règle de la courtoisie qui s'impose est le respect scrupuleux de l'orthographe des noms et de l'exactitude des titres.
Majuscule ou minuscule à monsieur ou madame ? On réserve la majuscule à l’adresse ou discours direct. Mais, tout naturellement, quand les mots sont des noms communs, on écrit : "Un monsieur est venu . Les petites filles jouaient à la madame. ". On mettra cependant une majuscule dans les phrases suivantes :
Le majordome annonça que Madame était servie.
Le chef de rayon s’approcha de Babar et lui demanda ce que Monsieur l’Eléphant désirait.
Multimédia : en un mot, accent sur le e de média. Adjectif ou nom : le multimédia a révolutionné l'industrie de la culture ; la publicité lance des campagnes multimédias.
Multiplier : voir démultiplier.
Morale : voir éthique.
Mots courts : entre deux mots, il faut choisir le moindre, disait Valéry. Pour l’élégance, qui en écriture est synonyme d’efficacité, rien ne vaut la simplicité et la concision. Parfois, il s’agit aussi de faire rentrer un texte dans une case sur une planche de présentation Power Point … chaque caractère compte. Alors :
PLUTÔT QUE ... ÉCRIVEZ
Abondamment ... beaucoup
Acquisition ... achat
Approximativement ... environ, presque, près de
Auditoire ... public
Correspondance ... courrier
Émettre le vœu ... désirer, souhaiter
Être en mesure de ... pouvoir
Évidemment ... bien sûr
Émoluments ... salaire
Excessivement ... trop (souvent, « très » suffit)
Investigation ... enquête
Largement ... beaucoup
Rédiger ... écrire
Rapidement ... vite
Mutualiser : ce mot fait partie de la panoplie du parfait manager. Se dit pour répartir, partager à égalité un risque, des frais entre les membres d’un groupe. Se dit également pour mettre en commun, échanger, comme « mutualiser des compétences ».
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