Historique : laissez les historiens juger de ce qui est historique, pas les commentateurs modernes, et évitez de qualifier d’historique tout ce qui vous paraît remarquable. C'est un conseil que j'emprunte à l'ouvrage Style Guide, publié depuis 1986 par The Economist, qui compile tous les trucs et les préceptes suivis par l'équipe de l'hebdomadaire britannique dans la rédaction, la relecture et l'édition de leurs articles. Sous des abords très techniques, l'ouvrage est une mine de trésors éditoriaux, à peine plus sérieux et complet que le petit lexique que vous lisez ici mais infiniment plus anglais. Notez qu'il n'est pas moins fouillé et relu (avec amour, trente-six-mille fois). Bon, ils sont cent cinquante à la rédaction, sans compter les correspondants étrangers qui participent au Style Guide. Moi, je suis toute seule. Avis aux intéressés...
Holisme : ce mot a sévi. Il a en effet longtemps empâté les discours du management, dans lesquelles toute approche d’un problème était nécessairement holiste ou holistique. Du grec holos (entier, complet), le mot a été forgé, d’après le Dictionnaire historique de la langue française, au vingtième siècle par un biologiste anglophone qui désignait ainsi « la théorie selon laquelle l’homme est un tout indivisible qui ne peut pas être expliqué par ses différents composants isolés les uns des autres ». Une approche totalisante voudrait dire à peu près la même chose dans un langage moins didactique, mais la proximité avec l’inquiétant adjectif totalitaire a sans doute empêché la construction.
Holiste est formé sur le grec holos, holistique sur l’anglais holistic. Dans tous les cas, il s’agit de termes didactiques, savants, utiles dans des registres bien définis de la langue, mais dont adore s’emparer le management : en effet, ces mots permettent de concilier l’imprécision et la suffisance.
Global, aussi emprunté de l’anglais, a remplacé holiste mais dans un sens tout différent, comme synonyme de mondial, ou plus précisément de mondialisé. Le terme a presque évincé multinational, de moins en moins rencontré.
Honorer, déshonorer, honoraire, etc. (un seul n). Mais honneur (deux n).
Hop, hop, hop : je ne l’ai jamais vue écrite, mais l’expression s’entend de plus en plus au bureau, au magasin, sur les chantiers, à l’atelier, dans les réunions… Au royaume des blonds…
Hot line : se dit hot line. Féminin. S’écrit parfois hot-line. Des hot-lines. Service d’assistance téléphonique ne passe pas (peut-être parce qu’il y a assistance, et que franchement, toutes les hot-lines ne sont pas au point sur ce point).
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