Quelques égarés d’une rentrée tardive errent encore sur des plages désertées, dans les chemins de campagne vides : qu’à cela ne tienne, les mûres sont mûres, les noisettes à point et personne pour les rafler avant vous. Pour ma part, j’ai retrouvé mon écran, mes blogs préférés, frais et parfois perfides, et ô joie, sur quoi tombai-je dès ma première divagation au hasard des clics : une bande de fatals flatteurs qui sévissent sur les sites et les forums de journaux sérieux. Leur tactique ? Assaillir des auteurs, des journalistes, des hommes politiques de questions et de commentaires plus serviles que moi tu meurs. La vanité est la chose la plus naturelle du monde. Déclarez à Daniel Bouton, (ancien ?) PDG de la Société générale, ou à une star du foot qu’à votre avis ils ne sont pas assez payés pour les immenses services qu’ils rendent et pour tout le mal qu’ils se donnent, ils seront bien d’accord avec vous. Demandez à un journaliste comment il parvient à garder son objectivité, sa profondeur, son originalité malgré l’actualité, ses confrères et les pressions de toutes parts, il prendra votre question au sérieux et pire, il y répondra ! Quant à moi, je ne fais jamais l’objet de flagornerie : c’est, d'après un ami qui me veut du bien à qui je confiais mon étonnement, certainement que mon esprit critique et ma sagacité éloignent les vils flatteurs… À propos de plats, trois mois de visites reçues et rendues chez des amis ont élargi ma vision de la cuisson des spaghettis. L’humanité se partage en deux : ceux qui mettent le sel en même temps que l’eau, ceux qui salent au premier bouillon. Mais ce n’est que le début de l’observation de l’infinie variété des genres, qui vont toujours par deux : il y a aussi ceux qui mettent de l’huile dans l’eau « pour empêcher que ça colle », ceux qui en rigolent ; ceux qui regardent le temps de cuisson sur le paquet, et ceux qui s’en moquent ; ceux qui égouttent à fond, ceux qui remettent tout de suite les pâtes dans la casserole ; ceux qui mélangent la sauce et ceux qui la présentent à part ; il y a les « emmenthals » et les « parmesans » et ceux qui mettent du fromage dans la sauce au pistou et ceux qui frissonnent d’horreur rien qu’à l’idée ; il y a ceux qui cassent les spaghettis en menus morceaux avant de les précipiter dans l’eau et ceux qui les plongent et puis les remuent comme une immense chevelure … Il y a aussi, dans la vie, ceux qui voient l'humanité se diviser en deux sur une infinité de sujets, et les autres.





Et tu oublies de parler de la notion de "al dente", qui varie selon les personnes... ;-)
Rédigé par: Caplan | 13 septembre 2008 à 15:24
Et les impénitents du lancer de la pâte au plafond si-ça-colle-c'est-cuit ? Qu'est-ce-que ça fait voyager, regarder cuire des spaghettis...
Rédigé par: Thérèse | 14 septembre 2008 à 12:13
Ah oui! Quel trip!
Et la sauce tomate, ça se cuit brièvement ou longuement?
Rédigé par: Caplan | 16 septembre 2008 à 23:08